L’Élégie, le chant des lamentations Sunday, May 9 2010 

L’élégie, c’est un genre de poésie lyrique: une poésie de deuil, deuil amoureux, moral, physique, bref, point une ritournelle.

C’est ce qu’on en sait sans aller regarder dans un dictionnaire; pour le reste, il faut creuser un peu.

Le mot élégie vient du grec τὰ ἐλεγεῖα (pluriel du substantif neutre τὸ ἐλεγεῖον) dont les deux sens sont d’après le Liddell & Scott:
1) poème écrit en vers élégiaques (un vers élégiaque étant composé d’un hexamètre et d’un pentamètre)
2) lamentation, élégie telle qu’on l’entend aujourd’hui.

Pourquoi ce deuxième sens de lamentation? En fait, ἐλεγεῖον est un dérivé de ὁ ἔλεγος (qui a donné le latin elogium -> éloge), chanson triste accompagnée à la flûte. En compulsant les dictionnaires étymologiques, on trouve deux étymologies à ce mot:
1) ἒ ἒ λέγειν, “dire hélas! hélas!” -> assez comique mais pas pour autant à rejeter
2) un simple emprunt au phrygien (langue indo-européenne parlée en Asie Mineure).

Or la racine pour “se lamenter” (du latin lamentum) en indo-européen est *leh2-, parfois utilisée sous sa forme dédoublée *lala-, dont on a un très joli exemple en latin avec lallare, “chanter pour endormir”, ou en grec avec λαλιά, “bavardage”.

De cette même racine proviennent souvent des mots ayant rapport au chant ou au chagrin. On peut alors penser:
1/ que ces mots viennent effectivement de la même racine
2/ que ces mots viennent de deux racines différentes aujourd’hui difficilement discernables.

Or on a ce mot d’élégie, qui regroupe les deux idées à la fois, à savoir le chagrin chanté; on peut alors opter pour la première hypothèse et penser que pour les indo-européens, le chagrin c’était quelque chose à chanter. Ou bien tout simplement, le tout aurait une origine onomatopéique: quand on chante la la, ou qu’on crie las ou hélas, il n’y a pas grande différence.

François Ier v.s. Henri VIII Saturday, May 8 2010 

Rien que pour s’amuser un peu, comparons un peu deux figures de proue de la Renaissance: François Ier et Henri VIII, respectivement rois de France et d’Angleterre.

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Caractéristiques physiques de ces deux - grands - hommes:
François Ier: dans les 2 mètres de haut (d’après son armure), brun, svelte, noble nez (c’est-à-dire qu’il était très grand) et Français (cela entre évidemment dans les caractéristiques physiques, n’est-ce pas chers compatriotes?).
Henri VIII: 1 m 89, roux, très épais (il aurait fait jusqu’à 136 kg), Anglais.

Points communs:
Naissance: à trois ans d’intervalles, Henri VIII en 1491, François Ier en 1494.
Mort: la même année, en 1547.
Culture: les deux hommes étaient très cultivés, mais c’est surtout François Ier qui est connu comme homme de lettres: il a fondé des chaires de lecture, à l’origine de ce qui deviendra bien plus tard le Collège de France.

Les femmes:
François Ier et Henri VIII étaient tous deux hommes à femmes, mais dans une optique totalement différente. On cite souvent une des paroles de François Ier: “Une cour sans femmes, c’est comme un jardin sans fleurs”. Cette vision est assez contrastée par celle d’Henri VIII, qui considère plutôt la femme comme une machine à enfants: dans le désespoir d’avoir un héritier mâle, il se marie 6 fois et fait décapiter deux de ses femmes.

La religion:
Les rois de France ont toujours été bons catholiques; Henri VIII, par contre, cherchant à obtenir le divorce, fut à l’origine d’un divorce d’un autre type: la rupture de l’église d’Angleterre d’avec le pape.

Conclusion:
Ces deux princes étaient décidément radicalement différents, et sont restés comme des symboles nationaux: François Ier, promoteur de la galanterie française; Henri VIII, promoteur du pragmatisme anglais: la fin justifie les moyens…

L’Amour naquit quand l’homme put parler Wednesday, Jul 8 2009 

Ah l’Amour!!! Voilà quelque chose dont on entend souvent parler.

Même si l’on ne sait pas exactement ce que c’est, on le sent, et c’est une des raisons de son emprise sur nous: son caractère indéfinissable.

Et en même temps, il ne s’agit pas d’un sentiment comme les autres, il ne s’agit pas d’une simple affection. Non, l’Amour est plus noble, et il est en quelque sorte le privilège du seul être pensant (doué de raison) et parlant (avec une syntaxe et une grammaire) connu à ce jour: l’Homme. En tout cas, c’est ainsi que la plupart des gens le voient, et le valorisent.

L’Amour est donc, dans l’esprit collectif, non seulement un sentiment, mais un sentiment processé par la raison humaine, i.e. tout simplement par un cerveau humain.

Mais quand le mot Amour naît-il? Le mot a son histoire, et une réponse touchante: le mot Amour naît quand la parole naît.

Amour vient du latin amor, de la racine indo-européenne *amma, amī, “mère”.

Mais ce n’est pas seulement dans les langues indo-européennes qu’on retrouve dans la bouche des enfants amma, mama, papa, baba, etc., pour qualifier leurs parents et grand-parents. C’est universel. Et pourquoi? Ce sont les sons les plus simples, les premiers que l’on prononce: il désignent alors tout naturellement les premiers êtres que nous connaissions!

Pourquoi sont-ce les sons les plus simples? Eh bien, essayez d’ouvrir la bouche simplement et de sortir un son sans bouger la langue ni essayer de donner quelque forme à vos lèvres… Vous sortirez le son: MA, ou BA, ou PA, et vous aurez tout compris.

L’Amour alors, sentiment si complexe qu’on n’arrive pas à le définir, alors qu’on est déjà grand et qu’on a tous les outils de la langue et de la raison, a emprunté son nom au plus simple des mots qui soit, au petit nom de notre mère!

Et en effet, notre premier Amour, n’est-il pas pour la première personne que l’on a vue, qui nous a choyé et nourri de son sein, pour notre mère, notre amma au tendre visage?

Cresphonte Monday, Jul 6 2009 

Cresphonte est un personnage de la mythologie grecque, fils de l’Héraclide Cresphonte et de Mérope. Cresphonte le père, roi de Messénie, est l’un des Héraclides ayant envahi le Péloponnèse.

Cresphonte le père est tué, avec deux de ses fils, par un autre Héraclide, Polyphonte, qui s’empare du trône et force Mérope à l’épouser. Mais Cresphonte, sauvé par sa mère, est élevé par le père de celle-ci, roi d’Arcadie: Cypselus.

Mais des années plus tard, Cresphonte revient en Messénie pour se venger. Il cache sa vraie identité, et prétend avoir tué Cresphonte, c’est-à-dire lui-même; il peut ainsi recevoir l’hospitalité de Polyphonte. Mais sa mère Mérope, pensant qu’il est l’assassin de son fils, s’apprête à l’assassiner pendant son sommeil, mais le reconnaît juste à temps. Finalement Cresphonte tue Polyphonte et récupère le trône de Messénie. Cresphonte est renommé tardivement Aepytus, d’après le père de Cypselus.

On trouve cette légende chez Hygin, fable 137, “Mérope”:

Polyphontes Messeniae rex Cresphontem Aristomachi filium cum interficisset ejus imperium et Meropen uxorem possedit. Cum qua Polyphontes, occiso Cresphonte, regnum occupavit. Filium autem eius infantem Merope mater, quem ex Cresphonte habebat, absconse ad hospitem in Aetoliam mandavit. Hunc Polyphonies maxima cum industria quaerebat, aurumque pollicebatur, si quis eum necasset. Qui postquam adpuberem aetatem venit, capit consilium, ut exsequatur patria et fratrum mortem. Itaque venit ad regem Polyphontem aurum petitum, dicens se Cresphontis interfecisse filium et Meropes Telephontum. Interim rex eum iussit in hospitio manere, ut amplius de eo perquireret. Qui cum per lassitudinem obdormisset, senex, qui inter matrem et Jilium inter nuntius erat, flens ad Meropen venit, negans eum apud hospitem esse пес comparere. Merope credens eum esse filii sui interfectorem, qui dormiebat in Chalcidicum cum securi venit, inscia ut filium suum interficeret ; quem senex cognovit et matrem ab scelere retraxit. Merope postquam vidit, occasionem sibi datam esse ab inimico se ulciscendi, redit cum Polyphonte in gratiam. Rex laetus quum rem divinam faceret, hospes falso simulavit se hostiam percussisse, eumque inter fecit patriumque regnum adeptus est.

Cresphonte est également le nom d’une tragédie d’Euripide, dont il ne nous reste que des fragments, mais qui est restée célèbre, comme en témoigne Aristote dans sa Poétique, faisant allusion à la scène où Mérope, s’apprêtant à tuer Cresphonte, qu’elle prenait pour le tueur de Cresphonte, reconnaît son fils avant de commettre l’irréparable. Ce genre de scène étant très prisé par les dramaturges et leur public.

Voici un passage célèbre de cette pièce d’Euripide, sûrement prononcé par Polyphonte:

Ἐκεῖνο γὰρ πέπονθ᾽, ὅπερ ἅπαντες βροτοί, φιλῶν μάλιστ᾽ ἐμαυτὸν οὐκ αἰσχύνομαι.

“Il est de moi comme de la plupart des mortels: de ceux que j’aime, je suis celui à qui je nuirai le moins.”

Et enfin, pour finir notre post sur Cresphonte, cet extrait de l’Anthologie Palatine, où Mérope aide son fils à tuer Polyphonte:

Κρεσφόντου γενέτην πέφνες το πάρος, Πολυφόντα,
κουριδίης ἀλόχου λέκτρα θέλων μιάναι·
ὀψὲ δέ σοι πάϊς ἧκε φόνῳ γενέτῃ προσαμύνων,
καί σε κατακτείνει ματρὸς ὑπὲρ Μερόπας.
τοὔνεκα καὶ δόρυ πῆξε μεταφρένῳ, ἁ δ᾽ἐπαρήγει,
βριθὺ κατὰ κροτάφων βάκτρον ἐρειδομένα.

“Tu as jadis assassiné, Polyphonte, le père de Cresphonte, désirant te mettre dans le lit de sa femme. Mais bien après son fils est arrivé pour venger la mort de son père, et il te tue pour sa mère Mérope. Pour cela il t’a planté sa lance dans le dos, et elle aide, te frappant le front avec un lourd bâton.”

Syntaxe des noms et adjectifs en latin Monday, Jul 6 2009 

Nous allons aujourd’hui juste citer les phrases-exemples à retenir pour se rappeler un peu la syntaxe des noms et adjectifs latins. Histoire de faire ses gammes…

Augustus imperator (Auguste empereur)
Urbs roma (la ville de Rome)
Liber Petri (le livre de Pierre)
Tempus legendi (le temps de lire)
Tempus legendi historiam == Tempus legendae historiae (le temps de lire l’histoire)

Deus sanctus (Dieu saint)
Pater et mater boni (bons père et mère)
Virtus et vitium contraria (vertu et vice, choses contraires)
Turpe est mentiri (il est honteux de mentir)
Vere sapientes (les hommes vraiment sages)

Avidus laudum (avide de louange)
Cupidus videndi (curieux de voir)
Similis patris == Similis patri (semblable à son père)
Mihi utile est (cela m’est utile)
Corpus assuetum tolerando labori (corps accoutumé à tolérer le travail)
Aptus ad militiam, natus ad arma (apte à la guerre, né pour les armes)
Propensus ad lenitatem (porté à la douceur)
Pronus ad irascendum (prompt à la colère)
Populabundus agros (ravageant les campagnes)
Praeditus virtute (doué de vertu)
Dignus laude (digne de louange)
Contentus sua sorte (content de son sort)
Mirabile visu (admirable à voir)
Facilis dictu (facile à dire)

Doctior Petro (plus savant que Pierre)
Felicior quam prudentior (plus heureux que prudent)
Felicius quam prudentius (plus heureusement que prudemment)
Magis pius quam tu (plus pieux que toi)
Majori virtute praeditus (plus vertueux)
Minori virtute praeditus (moins vertueux)
Doctior est quam putas (il est plus savant que tu ne le penses)

Altissima arborum = Altissima ex arboribus = Altissima inter arbores (le plus grand des arbres)
Validior manuum (la plus forte des deux mains)
Maxime omnium conspicuus (le plus remarquable de tous)
Unus militum = Unus ex militibus = Unus inter milites (un des soldats)
Quis nostrum (qui de nous)
Optimus quisque illi favet (les plus honnêtes gens le favorisent)

Source: grammaire de Lhomond et Le Tellier.

De la période & de ses parties (Mercier) Sunday, Jul 5 2009 

Le Sorbonnard a acquis il y a bien longtemps de cela le précieux Manuel des Grammairiens de N. Mercier, et comme c’est un ouvrage du XVIIIe siècle, il est bien conscient qu’il est difficile pour vous autres internautes de se le procurer… c’est pourquoi nous publierons régulièrement certaines de ses règles latines, que nous traduirons en bon français!

Nous commencerons donc par la période et ses parties. Les – indiquent des syllabes longues et les U des brèves.

1. Periodus dictionum plurium series est et circuitus sensum efficiens integrum et perfectum.
La période est une suite de plusieurs mots, et, mise bout à bout, donnant un sens complet et parfait.

2. Periodi partes sunt membrum et incisum.
Les parties de la période sont le membre et l’incisum (il peut y avoir plusieurs membres, et l’incisum ou κὀμμα est court et se met entre deux virgules).

3. In periodorum principio certi quidam pedes adhibendi sunt.
Au commencement des périodes, certains pieds peuvent être utilisés (ce sont: le Crétique – U –, le Pæon premier – UUU, le Pæon quatrième UUU –, le Bache U – –, l’Antibache – – U, l’Anapeste UU –, le Dichorée – U – U, le Molosse – – –).

4. Alii quoque pedes adhibendi in fine periodorum.
D’autres pieds sont à utiliser à la fin des périodes (ce sont: un Crétique et un Dichorée – U – – U – U, un Dichorée et un Molosse – U – U – – –, un Crétique et un Dactyle – U – – UU, deux Spondées – – – –, le Dochime U – – U –, un Dactyle et un Bache – UU U – –, un Tribraque et un Spondée: UUU – –).

5. Verbum polysyllabum finiti modi eleganter collocatur in principio vel fine periodi.
Un verbe de plusieurs syllabes d’un mode fini (i.e. indiquant personne, nombre et temps) se met élégamment en début ou en fin de période.

6. Participia in dus, da, dum, non inelegantem locum habent in periodi principio vel fine.
Le gérondif se met bien au commencement ou à la fin de la période.

7. Adjectiva et substantiva polysyllaba amant principium vel finem periodi.
Les adjectifs et substantifs polysyllabiques se mettent bien au commencement ou à la fin de la période.

8. Comparativus item et superlativus recte in principio vel fine periodi collocantur.
De même, le comparatif et le superlatif se mettent bien à une des deux extrémités de la période.

9. Periodus recte, ut plurimum, ab illis incipitur verbis, quae posteriora sunt in Gallico.
La période latine commence bien par les verbes qui se mettent en dernier en français.

10. Conjunctiones quaedam, seu formula quaedam ex conjunctionibus, ut plurimum, constantes, in periodorum initio multum habent venustatis.
Pour commencer une période, on se sert couramment de certaines conjonctions ou formules (ce sont: At illud quidem; Ac mea quidem sententia; Neque vero; Neque enim; Jam vero; Sed etiam; Etsi; Quamobrem; Etenim; Itaque; Utenim quisquis; Quin etiam; Verum ego; Verum enim vero; Num igitur).

Étymologie de “République” Saturday, Jul 4 2009 

Nous allons effectuer une petite recherche étymologique, afin de mieux comprendre le concept latin de res publica, traduit le plus souvent par “chose publique”, res étant un substantif féminin voulant dire “chose” et publica étant le féminin de l’adjectif publicus, “publique”.

1/ Éymologie de publicus

Dérivé de populus, qui lui-même vient du latin archaïque popolus, créé par redoublement de syllabe initiale d’un hypothétique *polus, équivalent au grec πολύς, “nombreux”. L’adjectif indo-européen dont serait issu πολύς, i.e. pelú- (comparatif *plḗi̯os, superlatif *plǝistó-), a pour racine *pel-, pelǝ-, plē-, “remplir”, qui a notamment donné le grec πίπλημι (remplir), πλῆθος (le nombre), et le latin plēbs (la plèbe, i.e. la masse populaire).

On peut donc en déduire que ce qui est publique, ou relatif au peuple, est relatif à ce qui remplit, qui est en nombre.

2/ Étymologie de res

Le latin res, traduit souvent par “chose”, peut sembler assez vague. En réalité, il veut plutôt dire “chose que l’on possède”. Le mot vient de la racine indo-européenne *rēi-, “chose, possession”, qui a donné le sanskrit rai-, “possession, richesse”.

Même si nous n’avons pu encore explorer la complexité historique du concept de république, nous avons du moins pu éclairer son sens quelque peu.

De “chose publique”, nous préférerons désormais la traduction plus précise de “possession de ceux qui sont en plus grand nombre, qui remplissent le pays”, ou bien, en plus court et énigmatique, “possession du nombre”.

Pourquoi dit-on la République française et non pas la France? Thursday, Jun 25 2009 

Tout bon petit Républicain de France vous dira: la République française, c’est beau.

Et quand il dira le mot “beau”, il pensera au nobles oppresseurs enfin punis, à la liberté volant dans les airs à la rescousse du Peuple devenu tout-puissant (saisissez le sublime du paradoxe), aux mairies arborant des slogans glorieux, avec l’image d’un Rousseau non point mort mais affichant un grand sourire, la plume à la main.

Mais tout cela, il ne vous le dira pas, il le verra seulement défiler devant ses yeux, et de sa bouche largement fendue il vous dira d’un air d’adoration: la République française, c’est beau.

Purs produits de l’Éducation Nationale, nous avons tous ce genre d’image en tête, ce qui est normal, étant donné que la France est toujours, et ce depuis 1792, une république.

Mais pour ceux qui ne sont plus à l’école, et qui ont eu le temps de développer leur propre idée sur la question, si le concept de France leur paraît assez clair, celui de République française l’est devenu beaucoup moins.

Nous aborderons dans un prochain post l’étymologie détaillée de République. Pour l’instant, nous pouvons déjà tenter de répondre à la question posée ci-dessus.

En effet, les mots magiques que sont “République française”, ou tout simplement “la République”, permettent aux hommes politiques de légitimer sans trop d’effort un gouvernement, le rendant quasi inattaquable.

Je m’explique. Éduqués comme nous le sommes dans le respect des Libertés, de l’Entr’aide, de la Noble Cause Française, et avant tout de la “chose publique”, c.-à-d. de la République, la simple évocation de cette dernière rappelle tout d’un coup les choses qui jadis furent ancrées dans nos cerveaux, et, grâce à ce fil hypnotique, nous voici soudain devenir des veaux, sans conscience de notre France, et avec une conscience vague, quoique bien illustrée, de leur “République” à eux.

Et c’est ainsi que, déformant Rousseau (qui n’était déjà pas très sympathique), son “tout gouvernement légitime est républicain” devient “tout gouvernement républicain est légitime”! Les deux principes étant également arbitraires.

DICHTER, le poète allemand Wednesday, Sep 3 2008 

Les germanophiles connaissent bien ce mot: DICHTER, le poète. Les musiciens se souviendront du Der Dichter spricht de Schumann, dernier morceau des Kinderszenen.

Quelle est l’étymologie du mot? Et qu’est-ce enfin qu’un DICHTER?

Rappelons d’abord celle de notre POÈTE: emprunt direct au grec ποιητής (poète), du verbe ποιῶ, -έω (faire) lui-même un dénominatif de *ποιFός (qui construit, qui fait) qu’on retrouve dans une infinité de composés tels que ἀρτοποιός (faiseur de pain = boulanger), άνρθωποποιός (faiseur d’homme = sculpteur portraitiste), ζωοποιός (créateur de vie), etc.

Ce *ποιFός provenant de la racine proto-indo-européenne *kʷei-h2 (empiler, entasser > rassembler en vue de construire).

Pour DICHTER, deux étymologies parallèles peuvent être évoquées:
1. *dheigh- (modeler la glaise, d’où former, construire); ce mot donna le substantif *dhighlos (formeur, modeleur, constructeur).
2. *deik- (montrer) > δείκνυμι, dīcere, ahd. (Althochdeutsch) zeigōn > zeigen, et pour le mot qui nous intéresse on pourrait ainsi tracer ce parcours: *deik- > latin tardif dictāre > ahd. tihton ‘erfinden, schaffen, dichten” > dichten et dichter.

On a donc deux possibilités, ou plutôt deux aspects qui évoluent en parallèle, et qui caractérisent un DICHTER: 1/ IL MODÈLE le monde 2/ IL MONTRE au monde la voie.

Quand on pense que certains disent que les Dichter ne servent à rien…

Réponse à l’enfant qui voulait encore manger Friday, Mar 21 2008 

Il n’y a pas d’utilité à ce que tu fais, enfant.
Tu me montres ton ventre bien nourri;
Pour moi je trouve qu’il est assez rempli.
Passe ton chemin, pense à faire ton temps.

Tu gagnes du volume;
C’est la juste loi des choses,
Celui qui en cherche les causes,
Se fait battre l’enclume.

Les nuits sont courtes, les jours trop longs;
Il y a tant à faire, tant à apprendre;
Mais tu n’écoutes pas la raison,
Aujourd’hui tu as des comptes à rendre.

Tu gagnes encore du volume;
Fais s’il te plaît un effort,
Je connais de biens meilleurs sorts,
Que se faire battre l’enclume.

Ce que tu fais n’a pas d’utilité, enfant.
Tu me montres ton ventre si douillet;
Ce n’est pas l’heure de manger ton poulet,
Cette aimable bête se gagne chèrement.

Tu gagnes encore et toujours du volume;
C’est à toi qu’en revient l’entière faute,
Mais, que tu esquives ou que tu sautes,
Tu te feras toujours battre l’enclume.

Un monde sans joie nous avale,
Rien n’est acquis, tout devrait l’être;
Même le seigneur n’est plus qu’un vassal
Du gros berger qui nous envoie paître.

Tu gagnes du volume;
C’est la juste loi des choses,
Celui qui en cherche les causes,
Se fait battre l’enclume.

hagax8 dédie ce poème à sa mère

Heidelberg ou la cité rose des étudiants Wednesday, Aug 22 2007 

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Le Chrisme Wednesday, Aug 22 2007 

Les anciens Grecs utilisaient le signe ☧, une superposition de la lettre chi (Χ) et de la lettre rhô (Ρ), abréviation du mot χρήσιμον (chrêsimon), “chose utile”, pour marquer les passages dignes d’intérêt. Par la suite, ce “Chi-Rho” a été adopté par les chrétiens, le chi (Χ) et le rhô (Ρ) formant également les deux premières lettres du mot Christ. La légende veut que l’empereur romain Constantin Ier, avant la bataille du pont Milvius en 312, ait aperçu une croix dans le ciel, en même temps que cette injonction en grec: ἐν τούτῳ νίκα, “par cela, vaincs!”, traduit en latin in hoc signo vinces: “par ce signe tu vaincras”. Constantin aurait alors adopté un étendard, le labarum, qui portait le Chi-Rho: et il fut effectivement vainqueur.

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Dans son acceptation chrétienne, le Chrisme est aussi appelé “monogramme du Christ”, et est souvent accompagné des deux lettres alpha et oméga: on se souviendra du chapitre 22 de l’Apocalypse: ἐγὼ τὸ Ἄλφα καὶ τὸ Ὦ, ὁ πρῶτος καὶ ὁ ἔσχατος, ἡ ἀρχὴ καὶ τὸ τέλος (je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le début et la fin).

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Le Chi-Rho dans les incriptions

Hadès, maître du monde caché Thursday, May 31 2007 

Quand Zeus, après avoir évincé son père Kronos, divisa le monde en 3 parties, son frère Hadès (plus âgé que lui mais plus jeune que leur autre frère Poséidon) reçut le monde souterrain en partage, les Enfers, et devint le Roi des Morts. Son nom s’assimila après Homère aux Enfers eux-même et à la mort (ὁ ᾅδης): ἐν Ἅιδου (οἴκῳ) veut dire “dans (la demeure) d’Hadès” => dans les Enfers.

La forme grecque attique du mot, Ἅιδης, ου “Haides” présente un esprit rude que l’on transcrit par “H”, contrairement aux autres formes dialectales: ionien ᾽Ᾱΐδης, ου “Aides”, dorien ᾽Ᾱΐδας, -α “Aidas”, formes de la poésie épique avec brève initiale ᾽Ᾰΐδης ou ᾽Ᾰΐδας. Il est vraisemblable que l’initale était originellement brève; mais selon qu’on admet l’esprit rude (l’aspiration) comme ancien ou non, on propose deux étymologie différentes.

1) L’esprit rude attique n’est pas ancien. On pose alors la forme *ṇ-wid > *ἀ-ϝιδ “qui ne peut être vu” ou “qui n’est pas donné à voir”, le ‘α-’ privatif étant issu de l’indo-européen *ṇ et *ϝιδ de la racine *wid/*woid/*weid qu’on retrouve dans le grec οἶδα, le sanskrit veda, le latin video qui a donné le français voir. Ceci est la solution admise généralement, et elle offre une concordance supplémentaire avec la fable: Hadès possédait un casque qui le rendait invisible.

2) L’esprit rude attique est ancien. On pose alors la forme *sṃ-wid > *ἁ-ϝιδ “trouver ensemble, réunir”, de la même racine *wid mais fait avec le préfixe copulatif (α ἁθροιστικόν) issu de l’indo-européen *sṃ-/*sem qu’on retrouve dans le latin simplex, semel, le grec ὁμός, ἄμα, ἀδελφός, ἄλοχος, ἅπαξ, et qui veut dire “ensemble”. Le *s indo-européen au début d’un mot devient un esprit rude en grec. Hadès serait donc celui qui réunit les âmes ou fait se retrouver l’âme des morts; n’oublions pas que la main de la mort réunit même ceux qui croyaient s’être perdus à jamais…

Hadès serait donc ou bien “l’Invisible” (Aides), ou bien “Celui qui réunit” (Haides).

Poseidon, maître de la terre Wednesday, May 30 2007 

Sur quoi est sensé régner le dieu grec Poséidon? “Sur la mer, bien sûr!” Vous exclamerez-vous peut-être, bien fiers du bon état de votre culture générale. Eh bien, cela n’est pas faux, mais n’a pas le mérite d’être exact.

Poseidon règne en fait sur la surface terrestre, tout comme Zeus règne sur le ciel et Hadès sur les Enfers. Cette surface comprend aussi bien la mer que la terre ferme, et Poséidon était souvent surnommé ἐννοσίγαιος, ἐννοσίχθων ou κινητὴρ γᾶς “qui fait trembler la terre” (ou encore γαιάοχος, mot dont le sens est controversé: “possesseur de la terre” ou “qui ébranle la terre”), étant tenu responsable des tremblements de terre.

Le grec Ποσειδῶν, ῶνος, “Poséidon”, de forme dorienne Ποτειδά(ϝ)ων ou Ποτ(ε)ιδᾶς, vient du vocatif πότει du nom πότις, “maître, seigneur” (indo-européen *poti-s qu’on retrouve dans le latin potestas ou possum) et de δᾶ, autre forme du mot γῆ “la terre”, qui n’a pas d’étymologie connue mais qu’on retrouve dans Demeter (certains pensent plutôt que δα viendrait de *dem “la maison, la demeure”).

On a donc au départ l’exclamation suivante: Πότει δᾶς “ô Seigneur de la terre!” qui donne ensuite Ποτειδά(ϝ)-ων à côté de Ποτειδᾶς et d’autres nombreuses variantes dialectales: Ποσειδέων (ionien), Ποσείδαν, Ποσειδάν et Ποτοίδαν (éolien), Ποτειδάων et Ποτῑδάων (béotien), Ποσοιδάν (arcadien), Ποοιδάν (laconien).

Les différentes parties du monde Wednesday, May 30 2007 

La mythologie grecque offre plusieurs conceptions du monde à mesure qu’elle avance dans le temps et dans la complexité.

1) À la naissance de l’Univers, elle représente deux entités élémentaires, qui forment le couple fécond primitif: Ouranos et Gaia, le Ciel et la Terre.

2) De leur union naît le Titan Kronos, un souverain tout-puissant et unique. Sa position est instable, son règne passager: son père Ouranos, à qui il a coupé les parties génitales, lui a lancé une malédiction: il serait lui aussi mis à bas par l’un de ses enfants. Dans la crainte qu’elle ne s’accomplisse, Kronos mange ses enfants un à un, mais leur mère Rhéa parvient à sauver son sixième rejeton, Zeus.

3) Après avoir effectivement évincé son père Kronos, Zeus forme une organisation tripartite du monde, dont la durée et la stabilité sont garanties: lui, Zeus (”le ciel”), règne sur le ciel, son frère Poséidon (”le maître de la terre”) sur la surface terrestre, et son autre frère Hadès (”l’invisible” ou “là où l’on se retrouve soi-même”) sur le monde souterrain, les Enfers. Zeus reste cependant le roi des dieux et conserve une prédominance: mais il est à l’écoute des autres dieux (cf. les Assemblées des dieux chez Homère) et respecte les destins.

De ces trois aspects de gouvernement du monde, l’organisation tripartite remporte la palme et est sensée se conserver: peut-être parce qu’elle mélange les deux autres aspects, l’état de nature et la domination d’un seul être, avec la figure-père de Zeus qui veille seul sur le monde entier mais partage ses pouvoirs.

GASPARD, GASPAR, KASPAR… Tuesday, May 29 2007 

Le nom et prénom Gaspard est très répandu dans toute l’Europe et tout spécialement dans les contrées germaniques. Son étymologie est cependant controversée.

Nous connaissons tous Gaspard, l’un des trois rois mages: on donne souvent à son nom une origine bien exotique, perse ou sanskrite, et l’on va jusqu’à l’attribuer à Gondopharès Ier, un roi Indo-parthe converti au christianisme par l’apôtre Thomas (!).

C’est oublier que ce fameux roi mage, à qui l’on n’a donné le nom de Gaspard qu’au VIe siècle APRÈS JC, représentait l’EUROPE, tout comme Melchior représentait l’Orient et Balthazar l’Afrique. L’on a donc toutes les raisons du monde pour donner à ce nom une origine EUROPÉENNE, et plus probablement germanique.

Il y a de bonnes chances qu’il vienne de Gast “l’hôte” (anglais guest), et de hart (anglais hard) “ferme, solide”. Le hart en deuxième élément de composé est assez clair: le ‘h’ a disparu comme dans Gérard (all. Gerhard), et l’on trouve même des formes Gasthard, Gasphard, etc.

Mais d’où vient le ‘p’ de GASP- ? Et où est passé le ‘t’ de Gast?

On pose pour l’allemand Gast la racine indo-européenne *gʰosti “étranger”, qui a donné le latin hostis (étranger, ennemi). Si l’on y ajoute la racine *pet/pot “maître, possesseur”, qu’on retrouve dans le grec Poséidon, cela nous donne: *gʰosti-pe/ot “l’hôte-maître”, qui donne à son tour le latin hospes (*gʰostipets > *hos(t)pets > hospes), “l’hôte”, à l’origine du français “hospital”, et le serbe gospodin “monsieur”. Il y a une ressemblance assez frappante entre le HOSP- latin, le GOSP- slave, et notre GASP- germanique, qui expliquerait assez joliment la présence de ce ‘p’.

Ceci n’est évidemment qu’une théorie et est à prendre comme telle. L’auteur en est votre tout dévoué webmaster, qui a pour nom de famille… Gaspar (avec un ‘d’ final perdu en chemin).

Milinda, Ménandre I, synthèse de deux cultures Sunday, Apr 29 2007 

Ménandre Ier, connu sous le nom de Milinda en sanskrit et en pali, était un roi indo-grec qui régna d’environ 155 à 130 av. J.-C. Le Royaume Indo-grec était né d’une invasion de l’Inde du Nord par le roi gréco-bactrien Démétrios Ier vers 180 av. J.-C. Situé dans la région de l’Afghanistan et du Pakistan actuels, il vit se succéder près de 30 rois hellénistiques, souvent en conflit les uns avec les autres, et qui disparurent avec l’apparition de l’Empire koushan au Ier siècle.

Ménandre Ier, selon la tradition, aurait été le plus puissant des rois indo-grecs. Il se serait converti au bouddhisme et est regardé comme l’initiateur de l’art gréco-bouddhique, une synthèse du style grec classique et du bouddhisme. C’est un moine du nom de Nagasena qui aurait réussi à le convertir, à l’issue d’un entretien qui nous est conservé dans le Milindapañha, (“Les Questions de Milinda”), l’un des livres canoniques du bouddhisme.

Cet entremêlement de cultures est un résidu hélas éphémère du grand projet d’Alexandre le Grand, qui avait une vision d’un Empire universel, de partage des savoirs, d’une sorte de mondialisation précoce. Bien que son projet général ait avorté, il a tout de même réussi à propager dans une grande partie du monde connu d’alors la pensée grecque, et à établir son influence pour plusieurs siècles: d’où certains mélanges intéressants…

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Inscription bilingue = “de Ménandre le Sauveur”

A gauche, en grec: ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΣΩΤΗΡΟΣ ΜΕΝΑΝΔΡΟΥ
A droite, en pali: MAHARAJA TRATASA MENADRASA

Le Calendrier Tuesday, Apr 17 2007 

Notre “calendrier” remonte au latin KALENDAE, les “calendes”, le nom donné par les anciens Romains au premier jour du mois, qui annonce aussi le début de la nouvelle lune (ce mot viendrait d’un verbe calare, “annoncer”). C’était le jour fatidique où devaient être payées les dettes inscrites sur les CALENDARIA ou livres de compte (calendrium au singulier), les véritables ancêtres de nos calendriers.

Eh oui, nous le pensions tous depuis longtemps, voilà qui est confirmé: le calendrier n’a été créé que pour nous soutirer des sous. Le calendrier… un gigantesque système d’exploitation du temps, un livre énorme ou s’entassent menace fiscale, factures, et toutes les limites (de temps) les plus contraignantes et les plus incroyables. Un système qui fait du citoyen sage et bien rangé un endetté perpétuel, éternel débiteur d’une société qui tourne en rond d’année en année, une société-machine qui continue encore à fonctionner pour ne pas avoir à lâcher un seul de ces citoyens sages et bien rangés.

Peut-être aurons-nous effectué un réel progrès le jour où, sur notre Calendrier de la Vie, nous n’aurons plus à inscrire méthodiquement d’anciennes dettes à payer, mais l’infinité d’une avancée présente et à venir.

Homo Monday, Apr 9 2007 

L’Homme… qu’est-il ? Un mammifère de l’espèce Homo sapiens ? Le seul être pensant de la terre, de l’univers ? La seule créature de Dieu qui s’assimile en toute âme et conscience à son créateur ?

Comment définir l’Homme ? Par son existence même ? Par son humanité ? Par les questions qu’il se pose et qui toujours restent sans réponse ?

Mais laissons sur cela disserter les philosophes et les bavards : nous autres escholiers, regardons le mot, voyons ce qu’il peut nous dire sur l’Homme, et comment pouvaient se le représenter nos plus lointains ancêtres.

Le latin homo, anciennement hemo, vient d’une racine indo-européenne *dheghm (essayez d’enlever le ‘d’ initial et le ‘gh’ pour y voir un peu plus clair) qui a donné le mot humus et veut dire « la terre ». L’Homme est donc celui qui vit sur la terre ferme, tout comme d’autres êtres vivent dans les cieux ou dans la mer.

Pourrait-on alors dire que l’on ne peut penser à l’Homme, qu’on ne peut chercher à le comprendre, sans l’associer à la terre qu’il habite et qu’il foule chaque jour ? Cette terre qu’il cultive et qui lui donne sa subsistance, sur laquelle il a toujours vécu, où il a écrit son histoire, et dont il ne pourra peut-être jamais se séparer, ne formerait-elle qu’un avec lui, avec l’Homme, avec nous tous qui vivons grâce à elle?

Les Philistins: un peuple de la mer… Monday, Apr 9 2007 

D’où viennent les Philistins, les ennemis jurés des Juifs dans la Bible, ceux-là même qui ont légué leur nom aux Palestiniens, qui n’ont plus rien de commun avec l’ancien peuple, sinon leur éternelle querelle avec les Israéliens?

On ne sait pas grand-chose des Philistins, qui n’avaient pas l’usage de l’écriture. Mais on pense qu’il s’agit d’un de ces “Peuples de la Mer” qui envahirent l’Égypte au XIIIe siècle av. J.-C. Les Égyptiens évoquent une région nommée P-l-s-t (Peleset) qu’ils auraient habitée: la Bible appelle Peleshet le pays des Philistins.

Il s’agissait d’un peuple nomade, sûrement indo-européen, qui serait parti des îles de la mer Égée pour s’établir sur la côte sud-est de la Méditerranée. Il se mêla rapidement aux populations autochtones et aux environs de 1000 av. J.-C. déjà, il n’avait plus des Philistins que le nom.

Avec l’arrivée des Hébreux s’engagea une lutte pour la terre que ces derniers remportèrent. Qu’on se souvienne de l’épisode symbolique de David et Goliath: le champion des Hébreux, le frêle David, terrasse grâce à sa malignité le champion des Philistins, cette grande brute de Goliath.

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